«Comment était-ce avant que fût repéré l’inconscient ? Est-ce qu’on soignait avec des mots avant Freud ? Bien sûr. On a toujours soigné d’une manière ou d’une autre les maux par les mots. Même si on ne distinguait pas systématiquement le conscient de l’inconscient. Dans le parler ordinaire l’analyste sait distinguer le discours inconscient de celui de l’inconscient comme le faisait déjà Héraclite que nous avons cité plus haut, ou comme l’oie qui, selon le Chan, sait, dans un mélange d’eau et de lait, boire le lait et laisser l’eau.
Une pratique n’a pas besoin d’être éclairée pour opérée : c’est ce qu’on peut en déduire. Pas besoin de la théorie pour savoir opérer avec des mots. Il n’y a qu’à laisser parler l’inconscient, à la manière des poètes. Le discours inconscient peut métamorphoser systématiquement tous les discours du conscient et toutes les souffrances de la réalité.
Puisque nous avons parlé du “gai savoir”à propos de guérir, voici une citation de Nietzsche tirée des fragments posthumes :
Je veux parler de cette force qui permet à quiconque de se développer de manière originale et indépendante, de transformer et d’assimiler les choses passées ou étrangères, de guérir les blessures, de réparer ses pertes, de reconstituer sur son propre fond les formes brisées.
Cette force c’est “la volonté de puissance” comme l’a si bien vu Paul Laurent Assoun dans son livre Nietzsche et Freud et qu’il a désigné, nommément, comme étant l’inconscient freudien.
Il existe, poursuit Nietzsche des gens qui refoulent tellement cette force qu’un seul événement, une seule souffrance, souvent même une seule légère injustice, suffit, comme une toute petite écorchure, à les vider de tout leur sang. » (Guy Massat, Cartel sur « Télévision »).
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03. Jacques Lacan,
02. Sigmund Freud,
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Refoulement
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