Coaching et psychologie : les sites qui font l’actualité

Psychologie et coaching : retrouvez ici l’actualité compilée, constamment mise à jour !


Toutes les dernières actus de la catégorie 'Psychanalyse'!



Tu me m@nques

Mercredi 4 novembre 2009 @ 8:11

« Rivé sur cet autre qui rassemble en lui, nom, situation, lieu, physique et le sujet est hypnotisé par l’objet, c’est tout pour l’autre ; il se fait objet du désir de l’Autre. Il ne sait plus qui il est, où il est, c’est la folie la plus commune, l’état amoureux.
Au cours de l’analyse, l’analysant peut être amenéà faire des rencontres de fortes intensité avec des partenaires qui condense une telle somme de traits, de signifiants de l’histoire infantile que cela peut faire exploser tous les repères : il est vrillé, décentré de sa trajectoire, décentré de son désir, parfois au point de se perdre lui-même devant cette rencontre avec ces signifiants qui font surgir devant lui le réel de son histoire. La rencontre avec l’autre et ce qui transite avec lui convoque le sujet au seuil du traumatisme de son histoire : il est, poussé, malgré lui, à devoir répéter quelque chose de l’histoire parentale par exemple, sans pouvoir empêcher la répétition. Ce qui se déchaîne dans ce moment de réel, c’est la pulsion, c’est le corps : le corps c’est la passion…
Cette répétition de l’histoire, qui téléguide le sujet, malgré lui, ne permet pas au sujet de s’inscrire dans son histoire, au contraire, il ne fait que répéter l’histoire, celle de ses parents, qui sont les premiers objets qu’il a rencontrés et qui ont forgé son rapport au désir, trace qui suit un tracé déjà effectué, qui tourne donc en rond. Alors que l’enjeu de l’analyse est que le sujet puisse sortir de la trame de son histoire infantile afin de pouvoir tracer lui-même sa propre trajectoire.
C’est les coupures produites par l’analyste sur le discours mais aussi progressivement par l’analysant lui-même qui va permettre que sa parole s’acère, devienne tranchante, une parole qui acte et ainsi puisse faire coupure sur le cercle de la répétition. Répétition qui pourra s’interrompre permettant au sujet de choisir son destin, en connaissance de cause, en pouvant décider et non plus en ne s’apercevant pas que jusqu’alors, il ne faisait que répéter l’histoire sans le savoir, inconscient des signifiants auxquels il était aliéné.
Reconnaître que l’on est manquant, reconnaître que ce que l’on recherche en l’autre, c’est ce dont on manque voilà le travail de subjectivation que va permettre la cure analytique : désir de reconnaissance-reconnaissance du désir, du manque. » (Anne Carpentier, Le fantasme).

-
Fantasme

/
,
,

En savoir plus : site de l’auteur




Réalisez ses rêves en 2009? “Terre-Océan” est la nouvelle mission du trois-mâts d’exploration La Boudeuse

Lundi 26 octobre 2009 @ 9:10

Patrice Franceschi et son équipage repartent cette fois en mission officielle pour le Ministre de l’Ecologie et du développement durable. Ce voyage est comme un écho à travers les siècles de celle que reçu en son temps Louis-Antoine de Bougainville pour lancer sa frégate La Boudeuse autour du monde, de 1766 à 1769. Bougainville était alors le premier des navigateurs à emmener avec lui des « savants » – comme on disait en ce temps-là – et, de ce fait, le premier à s’aventurer sur les mers pour des raisons scientifiques et non pas simplement pour des objectifs commerciaux, politiques, économiques, militaires ou diplomatiques.

Réalisez ses rêves en 2009?
Pour suivre la mission de la Boudeuse, cliquer ici.

Vous aussi réalisez vos rêves!

Patrice Franceschi et son équipage repartent cette fois en mission officielle pour le ministre de l’Ecologie et du développement durable, Jean-Louis Borloo. La « lettre de mission » remise à Patrice Franceschi par le ministre et ses secrétaires d’Etat Dominique Bussereau et Nathalie Kosciusko Morizet, est comme un écho à travers les siècles de celle que reçu en son temps Louis-Antoine de Bougainville pour lancer sa frégate La Boudeuse autour du monde, de 1766 à 1769. Bougainville était alors le premier des navigateurs à emmener avec lui des « savants » – comme on disait en ce temps-là – et, de ce fait, le premier à s’aventurer sur les mers pour des raisons scientifiques et non pas simplement pour des objectifs commerciaux, politiques, économiques, militaires ou diplomatiques.

La mission Terre-Océan est, aujourd’hui, l’une des réalisations de « terrain » du Grenelle de la Mer dont le point de départ a été donné à bord de La Boudeuse le 27 février 2009 lorsque le navire se trouvait à Paris. Les préoccupations de ce « Grenelle » sont multiples et reflètent l’ambition de préserver l’avenir de la planète pour les générations futures : défense de l’environnement et de la biodiversité, lutte contre le réchauffement climatique, développement durable, maîtrise de l’énergie, etc.

Dans ce cadre, la mission Terre-Océan se consacrera aussi bien aux problématiques des océans qu’à celles de la terre elle-même, puisque celle-ci génère des fleuves qui en sont le prolongement. D’où le nom de cette mission qui relie deux mondes que l’on sépare trop souvent mais qui, en réalité, n’en forment qu’un seul. Car la mer sera certainement l’avenir de la terre, et leur unité la seule manière de bâtir le futur des hommes.`

Au-delà des études scientifiques, la mission Terre-Océan participe aussi du vaste mouvement de sensibilisation du public à ces objectifs environnementaux, avec la volonté, pour sa part, de toujours maintenir l’homme au centre des préoccupations afin de promouvoir une véritable écologie humaniste basée sur le développement durable. Pour ces raisons de sensibilisation du public, l’expédition produira des séries de films et de reportages destinés au grand public, français et étranger, notamment en partenariat avec France Télévisions et l’Agence France Presse.

La Boudeuse quittera la France au début du mois d’octobre après avoir présenté sa mission dans différents ports de la côte atlantique.

La mission Terre-Océan durera alors deux années. Elle s’effectuera de l’Amérique du sud à l’océan Pacifique, après le passage du cap Horn en décembre 2010. Ces deux années de travail paraissent une durée minimum pour les ambitions d’une telle mission. En cas de besoin, elle pourrait se prolonger du temps qui serait jugé nécessaire pour atteindre ses buts.

Thématiques principales

Environnement, biodiversité, développement durable, modifications climatiques, étude de la biosphère, état des eaux et pollution, observation des territoires, géophotographie, rapport entre les hommes et leurs milieux, protection de l’environnement, dialogue des cultures.


En savoir plus : site de l’auteur




L’inconscient drôle de mot !

Dimanche 25 octobre 2009 @ 8:10

«Comment était-ce avant que fût repéré l’inconscient ? Est-ce qu’on soignait avec des mots avant Freud ? Bien sûr. On a toujours soigné d’une manière ou d’une autre les maux par les mots. Même si on ne distinguait pas systématiquement le conscient de l’inconscient. Dans le parler ordinaire l’analyste sait distinguer le discours inconscient de celui de l’inconscient comme le faisait déjà Héraclite que nous avons cité plus haut, ou comme l’oie qui, selon le Chan, sait, dans un mélange d’eau et de lait, boire le lait et laisser l’eau.

-Une pratique n’a pas besoin d’être éclairée pour opérée : c’est ce qu’on peut en déduire. Pas besoin de la théorie pour savoir opérer avec des mots. Il n’y a qu’à laisser parler l’inconscient, à la manière des poètes. Le discours inconscient peut métamorphoser systématiquement tous les discours du conscient et toutes les souffrances de la réalité.
Puisque nous avons parlé du “gai savoir”à propos de guérir, voici une citation de Nietzsche tirée des fragments posthumes :

-Je veux parler de cette force qui permet à quiconque de se développer de manière originale et indépendante, de transformer et d’assimiler les choses passées ou étrangères, de guérir les blessures, de réparer ses pertes, de reconstituer sur son propre fond les formes brisées.
Cette force c’est “la volonté de puissance” comme l’a si bien vu Paul Laurent Assoun dans son livre Nietzsche et Freud et qu’il a désigné, nommément, comme étant l’inconscient freudien.

- Il existe, poursuit Nietzsche des gens qui refoulent tellement cette force qu’un seul événement, une seule souffrance, souvent même une seule légère injustice, suffit, comme une toute petite écorchure, à les vider de tout leur sang. » (Guy Massat, Cartel sur « Télévision »).

-
Séminaires

/
,
,
,
,

En savoir plus : site de l’auteur




Charte des Psychothérapeutes de notoriété publique (Psy en Mouvement)

Mercredi 21 octobre 2009 @ 6:10
Nous soussignés, Psychothérapeutes, reconnus par nos « Ecoles », nos pairs et nos patients, considérons que les Articles 52 et 91, concernant « L’usage du Titre de Psychothérapeute » seraient appliqués de manière inique, si ceux qui font exister ce titre en étaient exclus.

Nous nous engageons sur la qualité de notre pratique de la psychothérapie et sur sa mise en valeur auprès du public et des services publics.

Nous nous engageons également à soutenir collectivement les Psychothérapeutes qui seraient menacés de perdre l’usage de leur titre, alors qu’ils font preuve d’une éthique professionnelle.

Et d’ores et déjà, nous informons le public et les services publics que, quel que soit l’avenir réglementaire de l’Article 52/91 : « Nous garderons notre plaque de Psychothérapeute ! ».

Le texte ci-dessus a été rédigé collectivement lors du 1er Colloque de Consensus contre l’Article 52/91, au FIAP Jean Monnet à Paris, le 2 octobre 2009.

Il a été signé par les participants suivants :

ABEL Patrick – ALLEE Monique - ANDRE Isabelle – AUCLAIR Agnès - AUSSOLEIL Gérard – BERJONVAL Alain – BLANCHET Daniel – CASPANI-QUINTON Joëlle - CATONA Nicole – COPELLO Najet – COVO Jacqueline – CROIX Mathilde – DAL-PALU Bruno – DAVID Michèle –DECORET Bruno – DUBREUIL Richard - DUPREZ Marie – ENNASRI Yamna – GAUTIER Béatrice - GAUVAIN Catherine - GOBIN Jean-Claude – GUERIN-GILBERT Evelyne - GRAGNIC Marianne – HEBERT Gérard – KORALNIK Nathalie – LAJRI Chihab - LANOY Valérie – LE GUILLEVIC Marie-France – LESCARMONTIER Jean-Claude - LOUKA Jean-Michel – MIRANDE Bernard - NANTAS Pierre – NURIT Dominique – PAZIENZA-GIRARDON Liliana – PREVOT-GIGANT Géraldyne – RAPP Annie – ROSSI Christine – RUGGIERI Lili – SCHACHMANN Laurent – STEIN Julia – STEVENART Chantal – VITALI Béatrice

Nous avons reçu de nombreuses signatures de personnes n’ayant pu assister à ce 1er Colloque de Consensus ; la liste sera très prochainement mise en ligne.

Adresse du lien permettant de signer cette charte. Pétition ici


En savoir plus : site de l’auteur




“Les psychothérapies changent le cerveau” de Marc Jeannerod

Jeudi 15 octobre 2009 @ 6:10
Article publié le 15/04/2009.

Source : Le Cercle Psy

La psychothérapie s’appuie sur la dynamique des relations entre un thérapeute et son patient. Elle n’en est pas moins active sur les mécanismes cérébraux déréglés par la maladie.

La psychothérapie est une méthode de traitement des troubles psychiques fondée sur la dynamique des relations entre un thérapeute et son patient. Tout en se distinguant des autres moyens d’intervention utilisés pour le traitement des maladies mentales, tels que les moyens pharmacologiques (médicaments psychotropes) ou physiques (chirurgie, électrochocs), elle n’en est pas moins active, au même titre que les autres moyens de traitement, sur les mécanismes cérébraux déréglés par la maladie.

Aux origines de la psychothérapie

La psychothérapie a déjà une longue histoire. Elle tire son origine de ce que Philippe Pinel, à la fin du XVIIIe siècle, appelait le « traitement moral ». Pour Pinel, l’opposition existe déjà entre le traitement moral, méthode « psychique », et les méthodes « organiques » (contention, stimulation, médication) utilisées à l’époque. Le médecin doit, selon lui, entrer dans le délire du malade dans le but de le ramener à la raison. A ses débuts le traitement moral se caractérise avant tout par sa nature empirique, sa seule ambition étant de susciter chez le malade aliéné des passions contraires à celles qui ont provoqué son aliénation : si l’aliénation a été causée par des passions, son traitement ne peut consister qu’à intervenir sur ces mêmes passions.

Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, l’intérêt porté par Charcot aux troubles mentaux, et en particulier à l’hystérie, donne lieu à l’éclosion d’une nouvelle symptomatologie, celle de la « demi-folie ». Ce concept vague englobe une zone intermédiaire entre folie et raison, où voisinent des états nerveux plus ou moins bien définis comme la surexcitation nerveuse, le nervosisme, les névropathies, la neurasthénie, la névrose, formes mineures de l’aliénation, mais justiciables d’une thérapeutique adaptée. Ainsi prend naissance une sorte de « direction morale » issue d’une vision humaniste de la folie et des rapports entre le fou et son thérapeute, voisine de ce que préconisaient les promoteurs du traitement moral. Plus tard, vers 1930, Karl Jaspers définit la psychothérapie comme un ensemble de méthodes de traitement qui agissent sur l’âme et le corps par des moyens s’adressant au psychisme. « Toutes exigent que le malade collabore et veuille guérir. La psychothérapie a son champ d’action dans la majorité des psychopathies et des troubles mentaux légers, chez tous ceux qui se sentent malades et souffrent de leur état psychique… » (1). La relation entre le médecin et son malade, insistait-il, doit s’établir à un niveau existentiel, entre deux personnes libres. C’est alors que le malade devient transparent à ses propres yeux et c’est dans la communication existentielle qu’il éprouve pleinement cette révélation et qu’il (re)découvre son autonomie.

Où et comment agit la psychothérapie ?

Avant d’aborder la question du mode d’action de la psychothérapie, il est nécessaire de franchir plusieurs étapes. Il faut d’abord admettre qu’elle représente une thérapeutique efficace pour un certain nombre d’affections psychiatriques ; ensuite, que ces effets bénéfiques sont la conséquence d’une modification du fonctionnement psychique du patient ; que la cause première de cette modification bénéfique est l’interaction qui se crée au cours de la cure entre le patient et son psychothérapeute ; et enfin, que l’action du thérapeute agit sur les mécanismes neurologiques qui contrôlent le psychisme du patient.

Le modèle le plus généralement admis pour rendre compte des effets d’une intervention extérieure sur le système nerveux est celui proposé par Donald Hebb à la fin des années 1940. La thèse de Hebb est que l’activité d’une synapse est renforcée lorsque le circuit auquel elle appartient est sollicité de manière répétée. Dès le début du XXe siècle, le grand histologiste Ramon y Cajal avait émis l’hypothèse que le passage itératif du courant nerveux dans un réseau de neurones peut créer l’hypertrophie de ces neurones et l’augmentation de leurs ramifications. Le modèle de Hebb a depuis été développé par Eric Kandel, qui a apporté une démonstration directe de ce mécanisme de plasticité synaptique (use-induced plasticity) chez un animal marin, l’aplysie, au cours d’expériences d’apprentissage par conditionnement. Ce que montre Kandel, c’est que la stimulation répétée d’une synapse augmente l’expression du gène responsable de la fabrication du neurotransmetteur de cette synapse, et donc la rend plus perméable (2). Chez l’Homme, chez qui l’activité de chaque région du cortex cérébral peut être mesurée au moyen de la neuro-imagerie, on peut observer les effets de l’utilisation intensive de circuits synaptiques : ainsi, la zone du cortex moteur contrôlant les mouvements des doigts chez des violonistes professionnels est près de deux fois plus étendue que chez un musicien débutant. On a montré plus récemment que le cortex moteur peut augmenter son activité au cours d’une activité purement mentale, chez des sujets qui s’entraînent à une tâche d’action simulée. En imaginant serrer un objet de plus en plus fort (mais sans contracter leurs muscles), les sujets de cette expérience parvenaient à augmenter considérablement le métabolisme de leur cortex moteur : ils devaient disposer pour cela d’un indice sur leur activité corticale (une sorte de neuro-feedback) qui leur était donné sur un écran d’ordinateur. Si ce qui est possible avec le cortex moteur l’était aussi avec d’autres structures nerveuses contrôlant des processus psychiques, on pourrait envisager d’utiliser cette méthode pour des modifications ciblées de l’activité nerveuse à des fins thérapeutiques (3).

Le dualisme n’est plus tenable

Au-delà de cette extrapolation qui reste pour l’instant du domaine de la science-fiction, revenons au point central de notre discussion, à savoir celui du mode d’action, sur le système nerveux, de l’interaction entre patient et thérapeute, facteur commun à l’ensemble des psychothérapies. Disons d’abord que l’efficacité de ces techniques semble de mieux en mieux démontrée (4). Ainsi, une revue récente (5) des résultats obtenus chez des patients traités par psychothérapie montre que l’activité de certaines de leurs structures cérébrales se modifie à la suite du traitement : diminution de l’activité du noyau caudé chez des patients obsessionnels, diminution de l’activité de la région préfrontale chez des patients déprimés. Les effets obtenus sont comparables en intensité à ceux obtenus à l’aide de traitements par les drogues psychotropes. De plus, en comparant les effets de la psychothérapie et de la médication chimique, on s’aperçoit que les cibles des deux types de traitement sont différentes : la psychothérapie modifie l’activité du cortex frontal paramédian et du cortex cingulaire, tandis que les médicaments agissent sur l’activité de régions limbiques et sous-corticales. Sur la base de ces résultats, la distinction dualiste entre des thérapies somatiques agissant sur le cerveau et des thérapies psychologiques ayant des effets purement subjectifs, n’est plus tenable. Une complémentarité des deux approches est nécessaire, les médicaments pour cibler les symptômes de fond (impulsivité, instabilité affective), et la psychothérapie pour modifier les modalités relationnelles, les attitudes et le comportement du patient.

Il existe plusieurs méthodes psychothérapiques, qui n’opèrent pas toutes au même niveau du système nerveux. Les méthodes cognitivo-comportementales, qui sont les plus proches du modèle de Hebb et de Kandel, agissent essentiellement sur les apprentissages automatiques qui se sont constitués au cours de la petite enfance, et qui ont permis l’acquisition de « schémas » utilisés ensuite lors d’interactions avec d’autres individus. Ces schémas émotionnels et gestuels, qui font normalement partie d’un répertoire commun à tous les individus d’un groupe, se fixent dans une mémoire dite « procédurale » : leur réactivation permet ensuite une compréhension mutuelle immédiate et favorise l’établissement des relations interindividuelles. A l’inverse lorsque, du fait de conditions de développement perturbées, les schémas qui se sont fixés ne correspondent pas à ceux du répertoire commun, l’interaction avec d’autres individus devient conflictuelle, voire impossible. Des travaux datant des années 1990 ont découvert l’existence, chez le singe, d’un système de neurones qui pourraient expliquer ce mécanisme d’interaction. Ces neurones « miroirs » ont un caractère biface : ils s’activent aussi bien lorsque l’animal exécute une action, que lorsqu’il observe la même action exécutée par un autre individu. Les neurones miroirs, dont l’existence est maintenant prouvée chez l’Homme, constituent en somme, à l’intérieur du cerveau de l’observateur, une image des actions, du comportement, des expressions émotionnelles de l’autre. La psychothérapie pourrait trouver là un point d’impact pour modifier, par désapprentissage, les connexions responsables d’images faussées, génératrices d’incompréhension et de conflits.

Toute thérapie est neuronale

La psychothérapie d’inspiration psychanalytique met en jeu la plasticité neuronale. La méthode psychanalytique offre en effet toutes les possibilités pour la constitution, au cours de la cure, d’une relation interpersonnelle active, en continuité avec le traitement moral des auteurs classiques. Le psychanalyste intervient dans des conditions bien définies, comme interprète et comme élément de stabilité, de confiance, de dialogue. La relation thérapeutique devient alors un cadre d’interaction où s’élaborent le réaménagement, la reconstruction par le patient de ses propres modes de représentation de soi et de l’autre. Dans un cadre renouvelé, celui de la « neuro-psychanalyse » en vogue dans les pays de langue anglaise (6), on peut maintenant envisager des systèmes neuronaux dont la modification plastique pourrait constituer la base d’intervention de la psychothérapie psychanalytique. Là encore, les neurones miroirs pourraient jouer un rôle en facilitant l’empathie entre le patient et son analyste (et réciproquement) (7), et en rendant possible le travail qui permet à l’analyste d’accéder au niveau du fonctionnement cognitif explicite de son patient. Une réorganisation s’opère alors sur le contenu du compartiment conscient de la mémoire (la mémoire autobiographique). Le patient, avec l’aide de son thérapeute, réinvente une narration de son passé.

La relation dans le cadre de la psychothérapie psychanalytique est compréhensive et subjective : elle fait appel à la volonté consciente du patient. Dans les thérapies cognitivo-comportementale,s la relation est objective et collaborative : la « réparation » s’opère à un niveau connu du seul thérapeute. Mais dans les deux cas, la relation se construit et joue son rôle pour le réarrangement et la reconfiguration des réseaux neuronaux ; dans les deux cas, la psychothérapie ne peut être que « neuronale ».

La prise en considération de la dimension neuronale de la psychothérapie change la donne de la relation entre le thérapeute et son patient. Le thérapeute, de son côté, en se confrontant à la réalité neurobiologique de son patient, acquiert sur lui de nouvelles possibilités. Il sait qu’il peut agir sur le fonctionnement cérébral du patient par le seul biais du langage et de la dynamique interpersonnelle ; en un mot, il sait qu’en agissant sur les réseaux nerveux du patient, il modifie ses affects (8). Quant au patient, il peut prendre conscience de son fonctionnement cérébral intime et vivre ses conflits et ses symptômes comme des ressources ou des points d’attaque pour une réorganisation des ses propres réseaux, plutôt que comme des manifestations négatives et des signes pathologiques. Cette approche rejoint la vision idéale du traitement moral où la maladie (et le cerveau malade) deviennent des objets d’étude communs au patient et à son thérapeute.

NOTES :

(1) K. Jaspers, K., De la psychothérapie. Etude critique, Presses Universitaires de France, 1956

(2) Kandel, E.R. (1999) Biology and the future of psychoanalysis: a new intellectual framework for psychiatry revisited. American Journal of Psychiatry, 156, 505-524.

(3) DeCharms, R. C., Christoff, K., Glover, G. H., Pauly, J. M., Whitfield, S., & Gabrieli, J. D. E. (2004). Learned regulation of spatially localized brain activation during real-time fMRI. NeuroImage, 21, 436-443.

(4) Expertise collective (2004) Psychothérapie. Trois approches évaluées. Paris, Editions INSERM.

(5) Fuchs, Th. (2004) Neurobiology and psychotherapy: an emerging dialogue. Current Opinions in Psychiatry, 17, 479-485.

(6) Roth, A. & Fonagy, P. (2004) What works for whom. A critical review of psychotherapy research. New York, Guilford.

(7) Gallese, V. & Goldman, A. (1998) Mirror neurons and the simulation theory of mind reading. Trends in Cognitive Science, 2, 493-501.

(8) Folensbee, R.W. (2007) The neuroscience of psychological therapies. Cambridge, Cambridge University Press.

Marc Jeannerod

Professeur émérite de physiologie à l’université Claude-Bernard (Lyon), membre de l’Académie des sciences, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Cerveau intime, Odile Jacob, 2002.


En savoir plus : site de l’auteur




«« Précédents